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Maroc : le PAM en tête des législatives, entre recomposition politique et ambitions pour 2030

Arrivé en tête des élections législatives du 23 septembre, le Parti authenticité et modernité (PAM) ouvre une nouvelle séquence politique au Maroc. Entre faible participation, enjeux de gouvernance et préparation de la Coupe du monde 2030, le prochain gouvernement devra accompagner les ambitions de développement du Royaume tout en répondant aux attentes sociales de la population.

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  Maroc : le PAM en tête des législatives, entre recomposition politique et ambitions pour 2030

Une victoire du PAM dans un contexte de forte abstention

Le paysage politique marocain connaît une nouvelle évolution. Selon les résultats provisoires annoncés le 24 septembre par le ministère de l’Intérieur, le Parti authenticité et modernité arrive en première position avec 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants.

Le PAM devance le Rassemblement national des indépendants (RNI), crédité de 66 sièges, le Parti de l’Istiqlal (65 sièges) et le Parti de la justice et du développement (PJD), qui en obtient 54.

Le scrutin s’est déroulé dans des conditions globalement normales, selon les autorités marocaines, qui ont néanmoins signalé des incidents isolés. La participation constitue toutefois l’un des principaux enseignements de cette consultation.

Avec 38,08 % des électeurs inscrits ayant voté, contre 50,86 % en 2021, le recul de la mobilisation est significatif. Près de six électeurs inscrits sur dix ne se sont pas rendus aux urnes.

Ce niveau d’abstention soulève des interrogations sur la relation entre les citoyens et leurs représentants. Il intervient dans un contexte où l’emploi, le pouvoir d’achat, les inégalités territoriales et l’accès aux services publics figurent parmi les préoccupations de la population.

Le prochain gouvernement devra ainsi répondre à une double exigence : construire une majorité parlementaire et apporter des réponses concrètes aux attentes économiques et sociales.

Fouad Ali El Himma : l’héritage d’un projet de modernisation politique


L’arrivée du PAM en première position remet en lumière l’histoire d’une formation dont la création, en 2008, est étroitement associée à Fouad Ali El Himma, aujourd’hui conseiller de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Figure centrale de la fondation du parti, Fouad Ali El Himma a contribué à structurer un projet politique fondé sur la modernisation de la vie publique, le renouvellement des élites et le développement territorial.


À sa création, le PAM entendait également participer à une recomposition du paysage partisan marocain et constituer un contrepoids à la progression des formations islamistes.


Sa proximité historique avec l’environnement institutionnel du Royaume a cependant suscité des débats sur son positionnement et son rôle dans la vie politique nationale.

Près de deux décennies après sa fondation, le parti franchit une nouvelle étape en arrivant en tête d’un scrutin législatif.


Cette première place lui confère une responsabilité institutionnelle particulière. En vertu de l’article 47 de la Constitution, le Roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections législatives.

Le PAM devra néanmoins rechercher des partenaires pour constituer une majorité.

La configuration parlementaire laisse notamment ouverte la possibilité d’une reconduction de l’alliance entre le PAM, le RNI et l’Istiqlal. Les trois formations, membres de la coalition sortante, totalisent 228 sièges selon les résultats provisoires.

Le résultat du PAM ne signifie donc pas nécessairement une rupture complète avec les orientations du précédent exécutif. La composition de la future coalition et son programme permettront de mesurer l’ampleur des changements politiques.

Gouvernance : la question des conflits d’intérêts

Au-delà des équilibres partisans, la nouvelle législature intervient après cinq années au cours desquelles les questions de transparence et de conflits d’intérêts ont alimenté le débat public marocain.

La coexistence de responsabilités gouvernementales et d’importants intérêts économiques privés pose une question fondamentale : comment garantir que les décisions publiques sont prises dans l’intérêt général, indépendamment des intérêts particuliers des responsables concernés ?

Cette problématique ne constitue pas, en elle-même, la preuve d’une irrégularité. Elle exige néanmoins des mécanismes de prévention, de déclaration et de contrôle adaptés.

Dans un pays engagé dans d’importants programmes d’investissement, notamment dans les infrastructures, les transports et l’aménagement territorial, la transparence des marchés publics représente un enjeu majeur.

L’arrivée du PAM en tête des élections ouvre une nouvelle phase politique, sans garantir à elle seule la disparition des risques de conflits d’intérêts.

Le prochain gouvernement sera notamment attendu sur sa capacité à renforcer les pratiques de gouvernance et à préserver la confiance dans les institutions.


La modernisation politique, qui figurait parmi les ambitions initiales du PAM, devra ainsi être appréciée à travers les engagements et les résultats du futur exécutif.

Sa Majesté le Roi Mohammed VI : une vision de développement inscrite dans la durée

La recomposition politique intervient alors que le Maroc poursuit une transformation économique et infrastructurelle portée par Sa Majesté le roi Mohammed VI.

Depuis son accession au trône, le souverain a engagé plusieurs orientations stratégiques visant à moderniser les infrastructures, renforcer l’attractivité économique du Royaume et développer ses partenariats internationaux.

Les investissements ferroviaires, portuaires, industriels et énergétiques participent à cette transformation.

Cette vision comprend également une dimension sociale : la réduction des disparités territoriales, l’amélioration de l’accès aux services essentiels et une meilleure répartition des fruits de la croissance.

L’un des enjeux du prochain gouvernement sera précisément d’articuler les ambitions économiques du pays avec les besoins quotidiens de la population.

La Coupe du monde de football 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal, représente une échéance importante.

Les investissements prévus dans les transports, les équipements sportifs, le tourisme et les capacités d’accueil pourraient accélérer plusieurs projets structurants.

Leur réussite devra toutefois être évaluée au-delà de la compétition, notamment à travers leurs retombées sur l’emploi, le développement régional et les finances publiques.

Une stabilité institutionnelle et sécuritaire au cœur de la stratégie marocaine

La stabilité du Royaume constitue un autre élément important de sa trajectoire de développement.

Sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc a poursuivi une stratégie associant modernisation institutionnelle, renforcement des capacités sécuritaires et coopération internationale.

Dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, le pays a notamment développé une approche reposant sur le renseignement, l’anticipation des menaces et la coopération avec ses partenaires étrangers.

Cette dimension sécuritaire occupe une place importante dans les relations du Maroc avec plusieurs États européens.

La continuité institutionnelle et la sécurité intérieure constituent également des facteurs pris en compte par les investisseurs et les organisateurs de grands événements internationaux.

Pour autant, la stabilité ne se mesure pas uniquement à la sécurité ou à la continuité des institutions. Elle dépend également de la capacité des politiques publiques à répondre aux attentes sociales et à réduire les disparités entre les territoires.

À l’horizon 2030, ces différentes dimensions devront accompagner les ambitions de développement du Royaume.

Maroc-Europe : un partenariat stratégique aux intérêts partagés

Pour l’Europe, l’évolution politique et économique du Maroc présente des enjeux qui dépassent largement le cadre bilatéral.


Situé à la jonction de l’Europe et de l’Afrique, le Royaume occupe une position stratégique dans les échanges commerciaux, les chaînes industrielles et les relations euro-méditerranéennes.

Le développement de l’industrie automobile, des énergies renouvelables, des infrastructures portuaires et des activités logistiques ouvre des perspectives de coopération pour les entreprises européennes.

Ces relations peuvent contribuer à diversifier les chaînes d’approvisionnement, soutenir les investissements et favoriser la création d’emplois sur les deux rives de la Méditerranée.


La coopération sécuritaire constitue un autre pilier du partenariat, notamment dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité transnationale et la gestion des enjeux migratoires.

Ces dossiers impliquent néanmoins des intérêts parfois divergents et nécessitent un dialogue continu entre les partenaires.

L’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal offre une occasion supplémentaire de développer les échanges économiques, touristiques et institutionnels.

Pour les partenaires européens, l’accompagnement du développement marocain représente ainsi une perspective de coopération économique et stratégique. Pour le Maroc, ce partenariat peut contribuer à la réalisation de ses projets, à condition que les retombées bénéficient également à sa population.

Une nouvelle législature face aux attentes des Marocains

La première place obtenue par le PAM ouvre une nouvelle phase de négociations politiques au Maroc.

Elle remet en lumière le projet de modernisation associé à sa fondation par Fouad Ali El Himma, tout en plaçant le parti devant les responsabilités liées à la constitution d’une majorité gouvernementale.


La faible participation électorale rappelle cependant que les enjeux de représentation et de confiance demeurent importants.

À l’approche de 2030, le prochain exécutif devra assurer la continuité des grands projets nationaux, renforcer les mécanismes de gouvernance et répondre aux préoccupations économiques et sociales.


La vision de développement portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la stabilité institutionnelle et sécuritaire du Royaume ainsi que l’approfondissement des relations avec l’Europe constituent des éléments structurants de cette nouvelle séquence.

Au-delà des résultats électoraux, l’enjeu de la prochaine législature sera de traduire les ambitions économiques et internationales du Maroc en progrès durables pour l’ensemble de sa population.



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